Quel est le matériel nécessaire pour photographier un mariage, et comment s’en passer ?

Materiel

 

« Je ne peux pas me lancer tout de suite, je n’ai pas encore acheté le dernier Nikanon 1FXDS-pro, et j’ai un trou entre 20 et 24mm avec mes 17 objectifs. »

« J’ai l’appareil photo de mon téléphone et vu qu’il fera beau, ça devrait suffire. »

Entre le bridge et son flash intégré et une panoplie professionnelle complète complètement doublée, il y a un écart certain. Et même si techniquement, votre téléphone peut prendre des photos…

Voyons d’abord l’indispensable.

Un appareil photo

Si ça vous surprend, vous pouvez cliquer , merci, adieu. Maintenant précisons un peu. Vous aurez peut-être vu des photographes qui se vantent d’avoir photographié tout un mariage avec un Iphone, d’autres avec un compact (haut-de-gamme quand même). Deux conditions à ça : 1-Avoir une maîtrise parfaite de la composition. 2-Ne pas être le photographe principal. Si ça vous amuse, si vous n’avez pas de clients qui attendent vos photos, n’hésitez pas à essayer, c’est vraiment un très bon exercice. Dans tous les autres cas…

Avec un très bon bridge, vous pensez peut-être pouvoir vous en sortir. Mais c’est un risque fort parce que ces appareils là ne sont pas taillés pour les situations de mariage, principalement en terme d’ergonomie et de réactivité. C’est pourquoi, et c’est un des rares points où je ne transigerai pas, il vous faut un boitier reflex. Pas besoin cependant d’aller immédiatement chercher les modèles pro à plus de 2000€. L’entrée de gamme d’aujourd’hui correspond en terme d’image au très haut de gamme d’il y a 15 ans. C’est le minimum mais n’en déplaise au marketing, c’est suffisant pour démarrer. Ces appareils font de bonnes photos. Après, vous vous doutez bien que si les pros s’équipent en matériel haut de gamme, il y a certainement une bonne raison. Meilleure montée en Isos, meilleur résistance au bruit, meilleure définition d’image, réglages fins plus nombreux, capteurs plus précis… Tout ceci est pratique, et vous permettra de meilleurs images. Mais le message ici, c’est que si vous êtes équipé d’un reflex, même d’entrée de gamme s’il est récent, c’est probablement suffisant pour photographier vos premiers mariages. Vous pourrez ensuite faire évoluer votre matériel à mesure que votre œil et vos compétences évolueront.

Suffisamment de cartes mémoires

Cartes

Aujourd’hui, la mémoire n’est pas chère, et il est inutile de partir photographier un mariage sans pouvoir en ramener les images. Donc emportez largement de quoi stocker ce que vous allez capturer. Personnellement je pars avec de quoi prendre 2000 photos, réparties sur 4 cartes. A choisir, préférez plusieurs cartes plutôt qu’une grosse. La carte est l’élément faible de votre conservation de photos. Dans l’éventualité terrible d’une carte qui refuserait de marcher, il vaut mieux perdre un quart de la journée plutôt que la totalité.

Suffisamment de batterie

Comme pour les cartes, si c’est pour tomber en panne au bout de deux heures, ça n’a aucun intérêt. Prévoyez d’avoir 2 batteries pleines au départ, et assurez-vous de pouvoir tenir la journée. Les pratiques divergent sur ce point, mais je préfère pour ma part avoir une batterie dans l’appareil et une autre en secours dans le sac, pour savoir où j’en suis. D’autres photographes préfèrent avoir directement les deux batteries dans le grip et ne pas avoir à gérer la batterie. C’est une question de préférence et de confiance dans son matériel.

Un objectif de reportage

Cela peut être votre focale fixe fétiche, un trans-standard qui vous convient ou un très grand angle si vous ne jurez que par ça. Si vous débutez en mariage toutefois, une bonne focale autour de 35mm, en fixe ou en zoom reste une valeur sûre. Dans l’absolue, vous devez connaitre l’objectif que vous risquez d’utiliser plus de 50% du temps. Stabilisé ? Grande ouverture ? Cela vous apportera du confort c’est certain, mais oui, j’affirme qu’on peut s’en passer.

De quoi prendre des photos en basses lumières

Ce ne sont pas les solutions qui manquent sur ce point, mais le flash intégré du boitier n’en fait pas partie. Il donnera une image lisse et moche, et n’aura pas la puissance nécessaire pour éclairer ce que vous souhaitez. Non, pour la photo en basse lumière, il y a trois possibilités, combinables bien sûr : le flash externe, un objectif à grande ouverture, éventuellement stabilisé, et un boitier qui monte très bien en isos.  Un bon boitier vous permettra bien-sûr d’aller chercher de plus basses lumières, de même qu’une bonne position vous évitera le flou. Une focale fixe ouvrira suffisamment grand pour vous permettre de vous passer de flash-externe, et c’est surement la solution la moins onéreuse (les grands fabricants ont tous un 50mm F/1.8 à moins de 100€). Le flash externe reste le plus polyvalent, mais demande un peu de pratique. Qui plus est, il est parfois refusé par certains officiants. Si vous avez à choisir, dans l’ordre, je recommande quand même le flash et si vous le pouvez la focale fixe.

Voilà, avec ça, vous avez le minimum à posséder. Théoriquement, si vous vous intéressez à la photographie de mariage, vous n’êtes pas pour autant débutant en photo, et vous avez donc déjà un boitier, un objectif et quelques cartes. L’investissement dans un 50mm reste raisonnable et voilà, vous avez le minimum.

Voyons maintenant ce qu’il vous faudra dans votre sac et comment vous pouvez vous en passer :

Un second boitier

Oubliez rapidement l’idée d’avoir deux appareils prêts à shooter. En débutant, c’est l’assurance de s’emmêler les pinceaux et les cartes. Vous risquez d’être plus préoccupé par vos boîtiers que par ce qui se passe autour. En revanche, que feriez-vous si votre appareil refusait de démarrer et se mettait en erreur ? Si vous n’êtes pas le photographe principal, vous pourriez ranger votre appareil, pester un peu et reprendre un petit four. Si vous êtes le photographe principal et que les mariés comptent sur vous par contre, vous ne pouvez pas abandonner. C’est pour ça que vous avez un second boitier. Cela peut être votre ancien appareil, un vieux modèle ou un boitier identique. Tant qu’il est compatible avec vos objectifs, et en état de fonctionner (pensez à ses cartes et à charger sa batterie si elles sont différentes !), ça marche.

Comment s’en passer : Vous pouvez louer un boitier de rechange, l’emprunter à un ami photographe qui utilise la même marque que vous. En dernier recours, vous pourrez même tenter d’emprunter  sur le moment le boitier d’un invité. Pas très professionnel certes, mais pour le coup tant pis, vous aurez assuré les photos. Et vous aurez un truc fou à raconter.

Un flash externe

Flashs

On a réglé le cas du flash interne un peu plus haut. le flash externe permet lui aussi d’ajouter de la lumière, mais à la différence de son petit frère, il a ce qu’il faut pour faire les choses correctement. Il est plus puissant, et surtout il est éloigné de l’axe de l’objectif, ce qui donne une lumière bien plus naturelle. Il est orientable, réglable en quelques secondes, et s’adapte à pas mal de situations. Bref, c’est le compagnon indispensable en reportage.

Pour autant, il apporte beaucoup de complexité supplémentaire, et il serait risqué à mon avis de partir sur un mariage avec un flash emprunté ou loué, sans s’être fait une solide expérience avec. Si vous en avez un, entraînez-vous. Si vous n’en avez pas, empruntez-en un au moins un mois à l’avance, et testez, essayez, faites des erreurs, ré-essayez pour corriger. Sinon, entraînez-vous à vous en passer. Avec les boîtiers modernes et leurs montées en iso propres jusqu’à 3200, avec des focales fixes à grandes ouvertures, vous produirez un meilleur résultat qu’avec un flash dont vous ne savez pas vous servir.

L’objectif qu’il aurait fallu avoir

Avec tel 10mm Fish-eye, vous auriez pu.. Avec le fameux 70-200 F2.8, ça serait plus facile de… Si seulement je pouvais avoir un 24mm TS pour… Vous ne l’avez pas. Ca ne sert à rien d’y penser. Et dites vous bien qu’il vous manquera toujours un flash, un objectif, un cran d’isos, une petite marche pour vous sur-élever… c’est le lot du mariage et de ses situations imprévisibles. Si un professionnel avec 5/10 ans d’expérience (et de chiffre d’affaire) aura probablement la focale dont vous auriez rêvé dans votre situation, et bien tant pis. La seule façon de compenser sera la créativité, la mobilité et en dernier recours, pas mal de post-traitement.

Il y a quelques cas où vous pourrez anticiper le besoin d’un objectif particulier. Dans ces cas précis, vous pouvez passer au plan B.

Le plan B : Louer du matériel

L’église est sombre, vous serez loin, vous ne pourrez pas utiliser de flash ? Pour une fraction du prix, vous pouvez louer facilement des objectifs valant plusieurs milliers d’euros. Pareil pour un second boitier, ou un flash supplémentaire. C’est à considérer si vous envisagez des situations où il vous faudra impérativement tel ou tel équipement, ET si vous savez comment vous allez vous en servir.

Pourquoi ne pas tout louer alors ? Parce que vous devez avoir la maîtrise de votre appareil de base. Vous devez connaitre votre matériel et  savoir l’exploiter. Il serait tentant d’emprunter/louer un boitier très haut de gamme pour la journée. Mais à moins de pouvoir s’entraîner avant, vous n’allez que vous compliquer la vie, et vous perdre dans des éléments dont vous n’avez pas l’habitude. Rien n’empêche par contre de louer un second boitier tout en ayant le vôtre à coté. Mais gardez le vôtre comme boitier principal. Vous en connaissez les défauts, les limites et les pièges. Dites-vous en règle grossière qu’un équipement loué ne doit pas vous servir sur plus de 20% des photos. Ainsi, vous assurez 80% des images, et prenez un risque sur une partie seulement. Même s’il est tentant d’utiliser ces jolis jouets, retenez-vous, et assurez le coup.

 

Voilà, j’espère que cet article vous aura permis de faire le point sur l’équipement minimum à avoir, et qu’il vous aura aussi fait relativiser si vous n’osiez pas vous lancer par manque de matériel.

Si pour vous il manque un indispensable, écrivez-le en commentaire.

 

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